Agri-Finances, 3e Edition

Vous avez été nombreux à apprécier et participer à la première et seconde édition de ce grand événement: Agri-Finance.

La 3 ème édition de Agrifinance s’est déroulée les 11, 12 et 13 Mai 2016. Encore une fois, des jeunes sont venus découvrir le monde de l’agriculture et des finances. Durant ces trois jours plusieurs conférences se sont tenues. Les exploitants agricoles ont ainsi mieux perçu les tenants et aboutissants pour avoir un financement et faire grandir leurs entreprises.

Au delà  des conférences, Agri-finances c’est surtout une foire a travers laquelle les participants ont connu les principaux acteurs du monde agricole ainsi que leurs produits et services. Ci-dessous quelques images de l’événement. Rendez-vous en 2017 pour ceux qui ont raté cette année!

 

Publicités

Fan Coco, une démarche entrepreneuriale exemplaire !  

Ni mon silence, ni le temps passé n’ont pu faire disparaître cette passion que j’ai pour les jeunes et l’agriculture. Je reviendrai plus en détails dans un article sur les raisons de mon silence qui a duré quelques mois. En attendant, découvrons Chérif Dine AKEDJOU, un agro-business man que j’ai rencontré et avec qui nous allons entamer l’année 2016

Au début de notre rencontre dans les locaux de son entreprise, je lui ai demandé s’il menait une autre activité en dehors de Fan Coco.  Serein, il répond : « rien d’autre, je concentre toute mon énergie sur les activités de cette entreprise ». Fan Coco a, récemment, été nominée comme ‘‘jeune entreprise prometteuse’’, une importante consécration pour une entreprise que Chérif a monté « seul dans sa chambre ».

Chérif a monté Fan Coco en 2012. Elle produit et commercialise de jus de coco et d’ananas. Elle offre aussi depuis peu des formations dans le domaine de la transformation des fruits et de l’agro-business.logofancoco

J’ai été personnellement conquise lorsqu’il a parlé de la raison de création de Fan Coco, lui qui à la base a une formation en marketing. En dehors du fait que le jus de Coco soit un jus très apprécié par la population béninoise, la création de Fan coco est venue résoudre un problème. Vous n’êtes pas sans savoir que le coco est un produit vendu aux abords des voies surtout au sud du Bénin.

« La demande existe mais il faut servir ce jus dans de bonnes conditions. Puisque les conditions de vente ne sont pas hygiéniques et les consommateurs sont ainsi exposés à beaucoup de maladies», relève Chérif ; ajoutant qu’ « il faut changer le contenant et qu’il n’a pas trouvé mieux que les bouteilles.» Ce jus nous offre donc de meilleures conditions de consommation mais aussi d’accessibilité car il peut être bu à volonté n’ importe où.

L’entreprise fonctionne à l’aide d’un personnel composé de 7 personnes dont Chérif qui voit grand car Fan Coco traverse déjà les frontières du Bénin qu’il aimerait couvrir entièrement. Des jus de coco seront d’ici peu commercialisés au Burkina Faso et dans d’autres pays africains plus tard.

Le promoteur de Fan coco rencontre des obstacles dans son activité. Il s’agit surtout du manque d’organisation du marché de la matière première qui est le coco. Selon lui, « La matière première existe mais il faut un encadrement » car beaucoup de cocotiers sont abattus chaque jour.

Pour finir, l’entrepreneur souhaite « que la promotion de l’emploi des jeunes soit assurée. Et qui dit emploi des jeunes, dit création d’entreprises (agricoles surtout). Entreprise qu’il faut consolider aussi.»

Merci de me lire. N’hésitez surtout pas à partager et à me dire ce que vous en pensez ! C’est pour vous que j’écris.

Cliquez ici pour lire un article de Ulrich AHOTONDJI qui parle de coco.

 

Awanabi IDRISSOU

Coupure du ruban

Les agri-opportunités ratées

La deuxième édition du Salon Agri-Finance 2015 vient de fermer ses portes. Elle s’est déroulée du 28 au 30 janvier 2015 à Cotonou. Au programme , il a eu :

♦ Première journée

  •  La première conférence sur le capital risque (autre option de financement de l’entrepreneuriat agricole). Des structures qui expérimentent cette option se sont exprimées.
  • Le premier panel sur des cas concrets de financement agricoles (crédits agricoles et contrat farming). Ce fut un partage d’expérience sur le financement agricole et la mise en œuvre du contrat farming.

Deuxième journée

  • Le second panel sur les conditions pratiques de vente sur le marché nigérian. Les participants ont été imprégnés sur les tenants et aboutissants du marché nigérian, ses exigences et ses conditions.
  • Un troisième panel au cours duquel des plans d’affaires ont été présentées. Des appréciations, conseils et orientation ont suivi. Le principal intervenant était Dragon’gorden .

Troisième journée

  • Une seconde conférence sur comment convaincre un bailleur de financer les investissements nécessaires au développement d’une entreprise agricole. Ici, les exposants ont appris aux participants comment monter un plan d’affaires en insistant sur les aspects à mettre en exergue. (Produit, marché, promotion, prix)
  • Les sponsors ont ensuite précisé leur domaine d’intervention ainsi que les opportunités dédiées aux producteurs.

Chaque participant, les producteurs sont sortis satisfaits de ce salon. « Je suis vraiment satisfait, ce qui m’a le plus émerveillé est le panel sur l’élaboration d’un plan d’affaire. Je me suis rendu compte que je faisais certaines erreurs dans mon plan d’affaire ce qui faisait qu’il n’était jamais accepté », m’a confié un producteur de maïs venu de Parakou. Une femme qui fait la transformation de la tomate a dit avoir beaucoup gagné du Salon Agri-Finance et est prête à revenir à la prochaine édition. La majorité des participants ont tout simplement remercié les organisateurs de cet événement dont Agri-Hub Bénin.

Ce rendez-vous fut pour beaucoup (y-compris moi) un lieu de rencontre et d’échange autour de l’agriculture. Certains en sont sortis avec des connaissances acquises, d’autres avec de nouveaux défis, d’autres encore avec des contacts de personnes pouvant les aider à créer et gérer une entreprise agricole.

Notons que  Agri-Hub est un réseau d’acteurs du secteur privé, public, ONG et autres institutions travaillant dans l’agriculture. Il constitue une plate forme qui œuvre pour la promotion de l’entrepreneuriat agricole afin de garantir la sécurité alimentaire.

Voici Agri-Finance 2015 en image

Awanabi idrissou

 

 

Se lancer dans l’agro-business

Je les ai goûtés, faites de même !

Les jus de fruits naturels

Bouteilles de jus d’ananas et de baobab

Oui j’ai gouté aux délicieux jus d’ananas et de baobab produits par Lionel Hounsou. Lionel Hounsou est étudiant agronome en 5ème année à l’université Catholique de l’Afrique de l’Ouest (UCAO). Bien que vivant toujours avec ses parents, il s’est lancé dans la production de jus de fruits. Je l’ai rencontré pour vous.

Les débuts dans cette production ?

Tout juste après ma soutenance de licence, je trouvais les vacances trop longues car nous n’avons pas vite repris les cours. Je me suis alors lancé dans une activité génératrice de revenu immédiat. J’ai d’abord commercialisé le yaourt. Peu de temps après je me suis dit qu’il fallait que je fasse ce qu’un agronome de mon niveau pouvait faire. C’est ainsi que je me suis lancé dans la production de jus fruit depuis sept mois. Je n’ai pas commencé par là en réalité, j’élève des lapins et les poissons.

Pourquoi l’agronomie ?

Depuis le cours primaire, lorsqu’on parle d’agriculture en ma présence, je me sens à l’aise. Mon intuition m’a toujours guidé vers l’agronomie. En terminale l’envie s’est plus accentuée. Être en contact avec le naturel, les animaux, les plantes, etc. en gros, c’est une passion. J’ai commencé d’abord avec les poulets de chair. C’était plutôt une expérimentation pour moi. Mais j’ai réussi à me faire un bon revenu pour les fêtes de fin d’année. Je n’ai plus renouvelé. J’élève aussi les poissons. Parce que je me suis spécialisé en aquaculture. Je produis les alevins à la maison avant de les envoyer à la ferme.

Organisation du travail

Au départ je payais l’ananas au marché Tokpa chez les bonnes dames. Mais cela revenait un peu cher. Le revenu n’était pas aussi consistant. J’ai alors décidé de m’approvisionner en ananas à Glo( une région du Sud du Bénin caractérisée par une forte production d’ananas). L’ananas est acheminé soit avec la voiture de mon papa soit par un Zém (nom donné aux taxis moto au Bénin). Actuellement, je prends 10 quarantaines d’ananas par moi. Je viens d’engager une main d’œuvre de Cinq personnes : 3 femmes et 2 hommes. Avant temps, je faisais tout le travail seul. Ce n’était pas facile. De plus avec la fin d’année qui s’approche j’ai besoin de produire beaucoup plus car la demande est grande.

Processus de production

Nous trions d’abord l’ananas afin de choisir ceux qui sont destiné à la consommation. L’ananas est lavé, découpé, pressé. Et puis le jus reste au feu jusqu’à une certaine température. Après on l’embouteille. Les bouteilles sont achetées à Topka, lavées et stérilisées. Puis nous pasteurisons le jus et on le conditionne. Actuellement c’est uniquement des particuliers qui achètent mes jus. C’est pratiquement le même procédé pour le jus de baobab. L’unité en gros est vendue à 200 FCFA et en détail à 250 FCFA.

Les difficultés rencontrées

Au début c’était la main d’œuvre, mais maintenant ça se règle un peu. Actuellement la plus grande difficulté est l’emplacement. Je suis encore à la maison chez les parents, ce n’est pas trop bien, il faut tout un travail préliminaire avant de commencer la préparation parce qu’il faut que j’isole complètement le lieu. Je cherche un bon emplacement pour poser vraiment la production. Ensuite vient la difficulté financière. Mes parents m’aident beaucoup mais cela ne permet pas encore de rehausser ma production.

Votre revenu

Comme, je vis toujours avec mes parents mon revenu me permet de subvenir à mes besoins personnels. Mais la grande partie est réservée pour mes économies afin d’agrandir ma production.

Vos projets à cour et à long terme

A court terme c’est de pouvoir officialiser le secteur agro-alimentaire. Devenir un vrai grossiste en jus de fruit ou tout autre produit agro alimentaire. C’est de recevoir de la certification de la DANA (Direction de l’alimentation et de la nutrition appliquée) et de pouvoir conquérir le marché local. A long terme, m’installer et avoir une activité dans tous les domaines que peut offrir l’agronomie. Etre une grande entreprise agricole !

Si ce blog existe c’est pour promouvoir l’agriculture à travers mes articles. Toi qui me lis, ne permet pas à ce que cette action reste sans effet. Si tu as la capacité d’aider Lionel dans son activité, n’hésites surtout pas. Tu peux le joindre au (229) 97 06 84 01 ou sur Facebook en cliquant ici .

 

Awanabi Idrissou