Agri-Finances, 3e Edition

Vous avez été nombreux à apprécier et participer à la première et seconde édition de ce grand événement: Agri-Finance.

La 3 ème édition de Agrifinance s’est déroulée les 11, 12 et 13 Mai 2016. Encore une fois, des jeunes sont venus découvrir le monde de l’agriculture et des finances. Durant ces trois jours plusieurs conférences se sont tenues. Les exploitants agricoles ont ainsi mieux perçu les tenants et aboutissants pour avoir un financement et faire grandir leurs entreprises.

Au delà  des conférences, Agri-finances c’est surtout une foire a travers laquelle les participants ont connu les principaux acteurs du monde agricole ainsi que leurs produits et services. Ci-dessous quelques images de l’événement. Rendez-vous en 2017 pour ceux qui ont raté cette année!

 

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Ruth Nouagovi est la première femme entrepreneur agricole dont je parle sur ce blog. Il faut dire que même si  beaucoup de femmes s’y mettent, ces cas restent rares ou largement inférieurs (comparativement aux hommes). Cette situation n’empiète pas sur la qualité des productions. J’ai rencontré Ruth pour être mieux imprégnée de ses activités.

Notre rencontre s’est tenue dans un après midi d’un jour très ensoleillé comme vous les connaissez. C’était chez elle à la maison, comme avec presque tous mes entrepreneurs rencontrés pour le compte de ce blog. C’est un rendez-vous reporté à plusieurs reprises ; il fallait qu’il tienne cette fois. Ce fut le cas.

Après les salutations habituelles, j’ai voulu en savoir plus sur elle. Ruth N. la vingtaine, a étudié la technologie de transformation alimentaire au lycée Mèdji de Sékou (une localité du Sud du Bénin située à environs 45 Km de Cotonou). Une fois cette formation terminée, elle a décidé d’entreprendre suite à une autre formation sur l’entrepreneuriat. Elle gère donc depuis environs un an son entreprise dénommée ‘’Nouruth’’. Son histoire avec la transformation a commencé bien avant sa formation même si ce n’était pas le premier choix :

« Plus jeune, j’avais l’habitude de faire du Sirop à l’approche des fêtes. J’ai  voulu faire la foresterie. Mais ma moyenne ne me le permettait pas. Avec cette même moyenne je m’en sortais dans la transformation. C’est comme ça que je m’y suis retrouvée à nouveau »
Les produits
Les produits « Nouruth »

  Une activité dans laquelle elle fait son parcours. Notre transformatrice produit du  jus (ananas, baobab…), des sirops (citron, ananas, gingembre…), du coco râpé, du gari amélioré et de l’arachide beurré, etc. Elle me montre la majorité des produits cités (que j’ai d’ailleurs eu l’occasion de déguster).

Pour arriver à l’obtention de ces produits, il faut toute une organisation. Je la questionne alors sur l’organisation qu’elle met en place pour y arriver. Ruth m’explique que pour le moment elle doit à chaque fois se déplacer sur Sékou afin de produire. Elle n’a pas encore un cadre approprié à Calavi (20 KM de Cotonou) où elle habite mais projette de s’installer à Godomey. Quant à sa main d’œuvre, l’agro-business woman ajoute: « pour le moment je prend des ouvrières saisonnières que je paie à la tâche. Elles sont au maximum 4 et au minimum 2 ».

La production se fait donc à Sékou. La vente quant-à elle a lieu un peu partout. Avec des ressources limitées, son marché aussi l’est. Les ressources sont limitées à causes des difficultés qui ne manquent pas quand il s’agit d’entreprendre. A ce propos elle explique : « financièrement je n’ai pas le font nécessaire pour m’installer réellement. Les machines ne sont pas au complet. Une situation qui fait que  je ne satisfais pas les grosses commandes ». Bien que le niveau de son bizness ne soit pas celui escompté, l’activité lui apporte des bénéfices qu’elle réinvesti.

« J’ai pu acheter un souffleur avec des économies. Je suis en train de prévoir l’achat d’un extracteur qui coute entre 300 et 400 milles» précise t-elle.
Pour finir la conversation je lui demande ses projets et à elle de répondre : « j’aime mon métier et j’aimerais vendre à grande échelle tant au niveau nationale qu’internationale. »
Ruth me raccompagne avant de retourner à ses occupations. Courage et bon vend à elle donc !

Juriste et producteur !

Parti d’une difficulté financière, Cyrille Patrice Kpèhounton a fini par accepter son héritage ! Je suis allée le surprendre sur son terrain d’exploitation.« Vous tombé bien, aujourd’hui j’ai prévu de faire le repiquage de l’amarante (Plante communément appelée « fotètè ») » m’a-t-il dit.

(NDLR: Repiquage: plantation en pleine terre d’une jeune plante issue d’un semis). Voir photo

Cyrille P. K. est juriste, il est exploitant agricole, il dit aussi avoir une vocation de journaliste. Cyrille Patrice Kpèhounton  est né d’une famille de 9 enfants. Comme tous ses frères et sœurs, il a hérité la profession d’agriculture de leurs parents.

Dans les sons plus bas, vous écouterez son histoire avec l’agriculture. Il est passé de la profession de juriste à exploitant agricole tout en conservant les deux métiers. C’est une situation qu’on voit de plus en plus : «  les producteurs modernes » dit-on. Cyrille fait du maraichage et ses produits sont destinés à la vente. Il a aussi un grand projet en vu : avoir une grande ferme. « J’ai déjà acheté le terrain à Glo (Une localité du Sud Bénin) » m’a-t-il expliqué.

Pourquoi ces deux professions ? Depuis quand il a commencé ; comment s’organise-t-il avec ces deux professions ?

Seulement deux ans dans le domaine mais déjà beaucoup d’expériences. Dans le son qui suivra, il raconte son histoire avec la peste porcine. Le jeune producteur a aussi fait ressortir le problème d’acquisition des terres. Le terrain de 700 m2 sur lequel il travail ne lui appartient pas, il a failli même le perdre. La situation est telle que, il suffit qu’un supposé propriétaire vienne réclamer son terrain et Cyrille ne produira plus. (Problème sur lequel je reviendrai dans un prochain article.)

Le jeune exploitant s’est aussi indigné par rapport à la mentalité des jeunes. « Beaucoup de mes amis ont voulu être exploitant agricole comme moi mais n’ont pas pu… Moi j’ai commencé avec 10000 (15 euros)…», écoutez plutôt !

Cyrille a l’ambition d’être notaire un jour. Dans le même temps il aménage son terrain de Glo pour y installer une ferme adéquate à la production végétale et animale. Bonne chance à lui !

La mission de ce blog est de promouvoir l’agriculture à travers l’entrepreneuriat. Permettons à cette action d’être fructueuse. Aidons ces jeunes tant que nous pouvons dans leurs activités agricoles, n’hésitons surtout pas. Il en ont besoin!

NDLR: Note De La Rédaction

De la motivation agricole

Awanabi idrissouProfessionnellement parlant
Que mon initiative agricole compte tenu de ma formation de journaliste ne vous étonne point ! Non. Un bon journaliste doit être éclectique. Un journaliste doit s’intéresser à tout. Au delà de cette « culture générale », j’ai voulu me spécialiser dans un domaine précis. D’où le choix de la seconde passion que je me suis découverte: l’agriculture au sens large du terme.

Nos réalités africaines m’inquiètent. Très peu de personnes s’en rendent compte mais nous avons, chacun, la capacité de changer nos vies par un simple geste. Quand il s’agit de développement, rien n’est à négliger. Positiver et aller de l’avant. L’agriculture est un domaine impérissable car elle maintient la vie en nous. L’homme dépendra toujours de l’agriculture.
De l’engagement agricole
Mettre l’accent sur la jeunesse c’est d’abord inviter les ainés à nous guider. Si je parle de jeunesse cela ne veut pas dire que je marginalise les générations antérieures. Au contraire, je les respecte et les considère. Sans les générations antérieures celle d’aujourd’hui n’existerait point. N’est-ce pas au bout de l’ancienne corde qu’il faut tisser la nouvelle?

Ensuite attirer l’attention des jeunes qui sont responsables de leur avenir, de notre avenir à tous. Aujourd’hui un troisième aspect renforce le besoin d’investir dans l’agriculture : il s’agit du seul secteur en Afrique qui peut absorber, au moins une partie, des millions de jeunes qui affluent tous les ans sur le marché de travail.

En effet, bon nombre d’entre nous (jeunes) n’ont pas d’emploi fixe ou sont carrément en situation de chômage. Le chômage est un problème influencé par plusieurs paramètres bien trop vastes pour que je les aborde ici. Ce que je veux ressortir est qu’il y a aussi un désistement de la part des jeunes. On ne réussit pas sa vie qu’en étant assis dans un bureau. Ceux qui continuent à voir les choses de cette manière, voient de la mauvaise manière. Il est donc plus que nécessaire de voir les choses autrement ou, du moins, plus largement. L’agriculture est, et demeurera – j’en suis persuadée – un domaine porteur. Comprenons que nous constituons une forte population ; et par conséquent, nous devons (tout autant ou bien plus que nos ainés), être responsables de ce qui adviendra de l’humanité.
Au cours des quelques formations en entrepreneuriat que j’ai pu suivre, J’ai pu comprendre que lorsqu’on a un projet pertinent en vue, il faut se lancer. Inutile d’attendre un financement qui ne viendra peut-être jamais ! Il faut partir d’un niveau aussi minime soit-il pour progresser.
Notre environnement devient de jour en jour favorable à cette conception: instruction, formation (avec plusieurs écoles de formation en agronomie), modernisation timide mais progressive de l’agriculture, et même les TIC. Quelque soit nos actions dans le domaine agricole, soyons sûrs que nous participons ainsi au développement.  Alors n’hésitons plus!!!

Awanabi Idrissou